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Les premiers

sunny
Voir China sur la carte de Xanner.

Les premiers jours dans un nouveau pays ne sont jamais faciles... Ils sont même très difficiles, presque trop. Aussi préparé que tu puisses être, tu ne peux pas l'être assez pour résister à l'envie de retourner chez toi. On parle souvent d'une période "lune de miel" pour les premiers temps d'un expatrié dans un nouveau pays, mais pour le voyageur sac à dos, c'est seulement après quelques jours que tu commences à tirer plaisir de ce qui t'arrive.

Un voyageur qui débarque dans un nouveau pays, c'est comme un enfant qui entame sa nouvelle vie. Premièrement, chaque chose est nouvelle à voir, à entendre, à goûter et à toucher. Pour toi, tout est inconnu.

Deuxièmement, tu ne sais pas comment ni où te déplacer. Tu essaies d'une manière, vers une telle direction, tu tombes, tu ne sais plus où tu es et tu repars vers une autre direction, peut-être même d'une autre manière. Tu regardes autour de toi et rien ne t'indique si tu es sur le bon chemin, car tout ce que tu vois est nouveau, différent et surtout non familier. Alors tu marches, tu marches et tu marches encore.

Troisièmement, tu ne connais pas tes limites. Et même si tu penses les connaître, il y aura toujours une situation qui t'obligera à les repousser. Il y aura toujours un moment où tu te diras que tu ne peux plus continuer, où tu lèveras les bras au ciel pour implorer le Dieu de te prendre dans ses bras et de te porter où il se doit. Et c'est à ce moment que rien ne se passera, sauf peut-être le silence et le vide qui te rappelleront que le seul moyen d'avancer, c'est de te donner un bon coup de pied au derrière. C'est d'en faire encore un peu plus. C'est de réaliser que ta limite n'est plus la même et d'ensuite découvrir que tu n'aurais rien accompli, ni rien compris si quelqu'un t'avait pris dans ses bras pour te faire soi-disant "avancer".

Quatrièmement, la langue. Quand tu entres dans un nouveau monde, tu as beau crier et crier plus fort, rien n'arrivera. Tu ne peux pas en vouloir à ceux à qui tu cries, ils veulent vraiment t'aider, mais ils ne savent pas comment. Ils peuvent aussi tenter de crier, même plus fort que toi, mais ça ne mènera à rien. Vous vous retrouverez seulement tous les deux avec les oreilles qui bourdonnent, la voix rauque et le souffle coupé. Il suffit souvent d'une question d'attitude, de sourire ET d'empathie. Et si jamais tu en oublies un des trois, il se peut que ta communication échoue, mais tu auras beaucoup appris et j'ose espérer que tu ne feras pas la même erreur à la prochaine opportunité que tu auras de vraiment échanger, entendre et comprendre l'autre.

Cinquièmement, si tu agis comme un enfant-roi, que tu crois que le monde tourne autour de toi et que tu es plus important que l'autre, c'est là que tu te verras refuser l'accès à beaucoup de portes. Vois plutôt l'autre comme un trésor rempli d'une tonne de choses à t'apprendre, mais dont chacune de ces choses est cachée dans de petits compartiments qui ne s'ouvriront que si tu le mérites. Et le mériter ne signifie pas de payer ou d'être présent. Vois aussi cette personne devant toi (ou ces personnes autour de toi) comme la plus importante au monde. C'est elle (ou eux) qui te permettra de grandir et, peut-être un jour, de devenir un adulte et, à ton tour, d'en faire grandir d'autres.

En fin de compte, c'est ça les voyages; une nouvelle naissance, une prochaine enfance et quelques adolescences qui te rappelleront qui tu es et définiront qui tu deviendras. C'est seulement sur le chemin du retour que tu te penseras adulte, mais que tu rêveras surtout de renaître à nouveau prochainement.

Posté par Xanner 10:03 Archivé dans Chine

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